10 mauvaises raisons pour faire classer son hôtel

Pour les hôteliers qui hésitent encore à faire classer leur hôtel et qui sont en proie à des informations contradictoires, voire à la désinformation, voici quelques conseils pour les aider à faire leur choix en toute connaissance de cause.

1) – Vous croyez que les étoiles génèrent des clients et créent de l’activité.
Aucun hôtelier ne peut prétendre, sans mentir ou se tromper, que les étoiles lui rapportent des clients. Ils ne sont plus que 14 % à en tenir compte au moment de rechercher un hôtel (8 % des séniors).

En réalité, avec l’avènement massif d’Internet (9 clients d’hôtels sur 10 choisissent leur hôtel via le Net), c’est le prix qui est devenu la référence et le critère principal de choix par les voyageurs, français comme étrangers. Pas les étoiles, quelle que soit la gamme. 3/4 lisent et tiennent compte des commentaires de clients et jugent qu’ils sont largement plus fiables que les étoiles (source études Coach Omnium).

2) – Vous êtes convaincu que sans étoile(s) un hôtel ne peut plus exister.
C’est principalement en Europe que l’on trouve des classements complets par étoiles sur les hôtels. En Asie ou aux Etats-Unis, par exemple, où l’hôtellerie fonctionne bien, il n’y a pas de système d’étoiles. Personne ne le réclame d’ailleurs. Même dans des pays comme l’Allemagne ou l’Autriche, environ 1/3 des hôtels seulement sont classés. C’est pourtant là que l’on trouve parmi les meilleurs hôtels, classés ou pas, dans toutes les gammes.

En vérité, si les clients d’hôtels ne s’intéressent plus aux étoiles, ce ne sont plus que des hôteliers qui s’y accrochent et pensent — à tort — que de ne pas demander un classement risque de les mettre à nu.

3) – Vous imaginez que c’est un gage de qualité.
Pas vraiment. Il suffit de voir les nouveaux hôtels classés depuis 2 ans. Des établissements excellents cohabitent dans la même gamme avec des hôtels pitoyables. Le référentiel ultra minimaliste dans ses exigences a permis sans peine à une grande partie des hôtels d’être classés, y compris avec une étoile de plus.

4) – Vous pensez que cela valorisera votre hôtel.
Et pourquoi, et comment ? Puisque les clients s’en détournent désormais.

5) – Vous voulez faire bisquer vos concurrents locaux.
Si la motivation d’un hôtelier et sa principale préoccupation sont d’énerver ses concurrents, alors là, quoi dire ?

6) – Parce que vos concurrents font classer leurs hôtels.
Et alors ? Il serait temps de penser aux clients et au fonctionnement du marché, plutôt qu’à ce que font vos concurrents, qui eux n’en savent pas plus.

7) – Parce que les chaînes font classer leurs hôtels.
(Re) et alors ? Les chaînes ont leur stratégie, d’ailleurs souvent incompréhensible y compris pour elles-mêmes et leurs clients.

8) – Vous aimeriez faire plaisir à l’administration, au Ministre du tourisme, à votre syndicat hôtelier et/ou à vos élus.
Et vous pensez vraiment qu’ils vont vous faire livrer des fleurs et des chocolats en remerciement de votre classement ?

9) – Parce que sinon il faut retirer toutes les traces de l’ancien classement.
Que cela ne soit pas un frein pour s’empêcher d’adhérer au nouveau classement. Dans la majorité des cas, cela ne coûtera rien ou presque : éliminer les étoiles de son site Internet, dévisser l’ancien panonceau bleu, cacher les étoiles sur les pré-enseignes routières,… Dans le cas des étoiles fixées sur les enseignes, cela pourrait coûter un peu plus. Mais ensuite quelle tranquillité !

10) – Pour gagner facilement une étoile supplémentaire.
L’exemple des chaînes hôtelières intégrées et de la moitié des hôtels déjà classés qui ont demandé une étoile de plus par rapport à leur ancien classement n’est pas une bonne idée à suivre. Vous risquez très vite de sortir du marché.

Car si les clients ne prennent plus les étoiles en compte pour choisir leur hôtel où loger, en voyant sur place une plaque 4 étoiles (par exemple), sans les prestations haut de gamme qui vont avec, ils risquent de s’agacer très vite et d’aller se plaindre sur les sites de commentaires de voyageurs. Surtout, si comme la plupart des surclassés, le confort et l’équipement n’ont pas fait l’objet d’une amélioration, tandis que les prix ont été rehaussés ou vont l’être.

Une bonne raison de faire classer son hôtel ?

• Pour obtenir une aide publique (quand une collectivité localement impose le classement pour subventionner) ou un crédit par BPI, si vous pensez que vous avez vraiment besoin de cela. Mais, le renouvellement 5 ans après pourra s’oublier…